« Les grandes histoires de Maria Montessori »
Pourquoi se rendre à Rennes durant les vacances de Toussaint (octobre 2009) pour un stage spécifique sur les grandes histoires de Maria Montessori, alors que la plupart d’entre-nous étaient soit des éducateurs soit des directeurs d’école en poste dans des écoles Montessori ?
Pourquoi nous retrouvons-nous régulièrement dans les stages que proposent Nicole Thomas au sein du CRELAM (dont le siège est à l’ école de Rennes) ?
Les bonnes raisons sont nombreuses, mais je ne vais me contenter d’en lister les plus importantes à mes yeux.
Les rencontres entre éducateurs de tous horizons ont lieu lors des rencontres des écoles ou lors des conférences. Mais ces rencontres si elles ont le mérite d’exister sont souvent trop courtes. J’ai constaté qu’il faut souvent plusieurs jours pour qu’une équipe de stagiaires prenne ses marques puis ose enfin s’exprimer tant sur la forme que sur le contenu de la pédagogie. Et c’est très certainement parce que nous venons « revoir notre copie» que nous pouvons mieux aborder et discuter des différents sujets qui occupent l’esprit des éducateurs.
Grâce aux expériences de classe de chacun, par l’intermédiaire des divergences et des convergences d’opinions, la richesse des réflexions, les éducateurs prennent le temps de faire le point, et de revoir leurs positions.
C’est une rencontre enfin qui permet l’expression des interrogations de l’éducateur quant à sa présentation, l’ambiance de la classe, ses questionnements sur les enfants.
C’est aussi l’heure des partages littéraires et scientifiques, des échanges de données livres et sites, adresses et visites, émissions…. A ce propos je souhaiterais remercier sincèrement les stagiaires qui ont si volontiers et si généreusement transmis leurs propres références et découvertes (livres et sites).
L’espace de quelques jours nous redevenons des étudiants ; d’ordinaire nous aidons les enfants à découvrir ce monde qui les entoure : la stupéfiante histoire de la terre, ce miracle qu’est l’apparition de la vie, l’incroyable intelligence de l’homme lorsqu’il met cette dernière au service de l’humanité et que nous prenons de nouveau la mesure de l’immense tache qu’il a accomplie par le pouvoir de son travail, de son inventivité, de sa créativité, de son potentiel spirituel, de sa capacité à aimer.
Nous touchons du doigt, à la manière des enfants, ce qu’est le plaisir d’apprendre. Parce qu’alors inconsciemment (puis très consciemment) nous nous préparons à retourner vers eux autrement, avec de nouvelles idées, une approche légèrement différente. Nous affinons notre démarche pédagogique.
Nous savons à quel point il est nécessaire que les enfants explorent le monde, partent à l’aventure de la découverte, de la compréhension. Alors mieux que des mots, pour expliquer cela Nicole organise une sortie. Cette fois nous sommes allés aux Champs Libres de Rennes pour une leçon sur les roches. Nous y avons été accueillis par une jeune équipe dynamique et très compétente. L’échange avec l’équipe du musée était si convivial, mais également si passionnant que la plupart d’entre-nous aurait souhaité poursuivre.
La philosophie a besoin d’être régulièrement travaillé ; ces séances de travail me permettent de m’approcher chaque fois davantage de celle de Maria Montessori.
Les années passent, les expériences s’accumulent, grandissent et bien que toujours nous-mêmes nous ne sommes ni tout à fait les mêmes ni tout à fait différents.
Et puis il y a l’expérience de Nicole Thomas, présidente de l’AMF bien sûr, mais aussi et peut-être surtout ancienne éducatrice et directrice d’école Montessori. Le regard qu’elle porte sur l’enfant associé à la philosophie et à la pédagogie montessori , nous apporte les éléments d’une réflexion qui se veut plus fine, toujours plus subtile dans la sincérité et l’honnêteté.
Son enthousiasme est communicatif, ses partages toujours aussi enrichissants. Les années passent mais elle garde en elle le souvenir intact des différentes personnalités qu’elle a rencontrées, les émotions qu’elles ont suscitées, les doutes, les questionnements, mais aussi les joies, les réponses et les dénouements heureux pour certains.
Avec elle, chaque jour nous retournons à l’essentiel. Il y a les connaissances, le savoir, la richesse du matériel pédagogique bien sur, mais bien avant tout cela, en première ligne il y a le regard sur la personne.
L’attention portée au développement personnel, le respect, la dignité, et cette confiance que nous devons à l’enfant.
Elle insiste sur le rôle de l’éducateur ; insiste sur sa présence, sur la délicatesse de l’intervention, sur la perspicacité des observations et l’accompagnement qui en découle.
Alors bien sûr nous pouvons dire que nous savons cela, que nous l’avons déjà entendu en formation, au cours de nos nombreux stages, dans nos lectures, dans nos réunions pédagogiques.
Pourtant entendre, écouter, laisser les mots, les idées et les émotions prendre vie, nous laisser entrevoir ce que cela signifie et trouver en nous les moyens d’ajuster nos pas afin de marcher aux côtés de l’enfant.
Au bout du compte c’est certainement là l’essentiel de notre quête : s’approcher toujours plus du cœur de la pédagogie et de la philosophie de Maria Montessori.
Je voudrais terminer en rappelant que nous sommes accueillis dans les meilleures conditions possibles par l’école de Rennes et que tout cela fonctionne grâce au CRELAM et à sa représentante Germaine que je remercie au nom de tous pour sa disponibilité, sa patience et son dévouement sans faille.
Valérie Pedraza éducatrice 6/9 ans "les pouces verts"